S.A.R. ABDALLAH Al - FAYCAL Al-SAOUD PDF Imprimer Envoyer

S.A.R. ABDALLAH Al FAISAL Al SAOUD


Arabie Saoudite


S.A.R. Abdallah al-Fayçal al-Saoud


Décès de S.A.R.Abdullah Al Faisal bin Abdulaziz Al Saud

Le Roi Mohammed VI a exprimé la tristesse à la mort, mardi, du Prince Abdullah Al Faisal bin Abdulaziz Al Saud un "poète très sensible" à "l'imagination fertile."
Dans un message de condoléances au gardien des mosquées saintes, le roi Abdullah bin Abdulaziz, le souverain a affirmé que "par le décès du Prince Abdullah Al Faisal, nous avons perdu, tout comme vous, un poète très sensible, à l'imagination fertile, dont le talent, dans le registre classique comme dans la poésie contemporaine, a enrichi, par ses poèmes et ses recueils, le patrimoine poétique et les chansons arabes. "
Le roi a rappelé que le Prince Abdullah Al Faisal a été membre de l'Académie du Royaume, soulignant que cette composition reflète la "considération" dont il jouissait de la part du roi Mohammed VI et de feu le Roi Hassan II.
Le Prince Abdullah Al Faisal, âgé de 85, est le fils aîné de feu le Roi Fayçal et frère du prince Saoud Al Fayçal, Ministre des affaires étrangères.
Outre sa carrière politique (il a été ministre de la Santé et de l'intérieur entre 1949 et 1959), le défunt était connu dans le monde arabe plus comme un poète et un homme de lettres. Ses poèmes ont été chantés par les plus célèbres chanteurs arabes, et traduits en plusieurs langues.


Ô ELOQUENT SILENCE

Je t’aime comme si l’amour
L’amour tout entier
Avait bâti empire
Au centre de mon cœur !

Regarde, après le vide,
Le vide illimité,
Mon corps changé en fleuve
Mon sang – en pure fureur !

Je t’aime malgré les blâmes,
Malgré les coups sans nombre –
Ton ombre hante mes tempes
Et trouble mon sommeil !

Fuyants, tes mille visages
Défilent dans mon regard
Et ta voix s’écoule,
Chantante dans mon oreille.

Oui ! Cela est juste :
Comme un battement de cœur,
Tu vas, viens et vis
Au fond de mes entrailles.

***

Ô tendre songe, pourquoi
Fuir les retrouvailles,
Mes mains et la tendresse
Qui coule dans leur chaleur ?

Aube, dès que du regard
J’effleure tes cils craintifs
Tu couvres de pénombre
Les fastes de ta splendeur,

Je tends mes bras, hâtif,
Ton corps fuit mon corps
Et cette fuite m’est douce
Comme le parfum des ifs !

Ainsi j’habite sans trêve
L’intime désespoir
Avec l’amour qui veille
Et souffre la nuit.

Le feu crépite plus fort
Dans la douleur noire
Ô âme, je perds en toi
Le temps et l’infini !

***

Ma fleur bien-aimée,
Où sont les bleues nuits,
Les belles nuits ornées
D’attente, de hâte, de transe,

Les douces promesses jaillies
Du fond du cœur ?... Amie,
Sentir le cœur aimé
Est source de jouissance !

Fuir !... Quel geste cruel !...
Ô pas qui brisent l’espoir,
Ô éloquent silence
Des lèvres faites de cire !

Ô gouttes de braises, brûlez
L’iris où, grand, le soir
Dévêt mon âme, ma vie,
Martyre après martyre !

Reviens, sois à moi…
Efface les jours de doute…
Veux-tu… que j’accomplisse
Ce que… ton coeur redoute ?

***

Viens, viens, ma mie,
Car tu n’es plus si forte,
Ni moi si défaillant ;
C’est là un songe, un rêve !

Prends en offrande mes larmes,
Mon chant, ma vie, mon glaive,
Hormis la fierté
Qui guide mes gestes, me porte !

Meurtri par les soupirs
Je défigure ma chair
Et détruis sans trêve
Ce qui fut grand hier.

Et si les larmes éteignent
L’éclat de mes prunelles
J’emprisonnerai leurs sources
Et leurs secrets cruels !

J’abhorre la complaisance,
L’avilissement, les pleurs
Et je m’impose des lois
Qui garde hautain mon cœur !

Abdallah al-Fayçal al-Saoud

Traduit de l’arabe en français par Athanase Vantchev de Thracy

Mise à jour le Samedi, 27 Février 2010 16:14