PAATA NATSVLISHVILI PDF Imprimer Envoyer

Paata Natvlishvili (Géorgie)

 

Poet, journalist, artist, Scholar; b. October 16, 1952 in Tbilisi, Georgia.

Graduated from Tbilisi State University – Faculty of Journalism (1974) and Faculty of Arts ( 1976).

 

Mr. Paata Natsvlishvili has a long and extensive experience in different kinds of mass media – press, radio, TV, Internet. He started as a reporter and became Editor-in-Chief of the leading Georgian newspapers, radio and television broadcasting programs. He also founded and runs his own "Paata Natvlishvili Publishing House" from 1993.

 

He worked as a sailor for the Georgian Shipping Company during the years. As a rower he participated in the expedition headed by Tim Severin in the footsteps of the ancient Argonauts .

He is elected as a member of Board of the Mountaineering Federation of Georgia. He is one of the founders of the Georgian National Olympic Committee, in 1989-1996 he was a vice-president of GNOC.

 

P. Natvlishvili is awarded with the Order of Honor (1999 ) and the Olympic Order of Georgia (2004). He holds journalism award "Golden Pen" (2001).

 

He made his poetry debut as a schoolboy in the newspaper "Gazapkhuli " ("Spring" ) in 1966 and started publishing  his poems in literary magazines back from 1970. He has been the chairman of the Young Writers' Section of the Tbilisi State University and participated in the Festivals of young poets of the USSR (Tashkent , 1972; Kutaisi, 1974). His poems have been translated into Russian, Bulgarian, Ukrainian, Belarusian, Lithuanian and other languages.

Paata Natvlishvili – is the Member of the International Federation of Journalists, Doctor of Social Sciences, Director of the Research Institute for the History and Geography of the Georgian Emigration; professor of Grigol Robakidze University, Tbilisi.

 

Graphic and Print Design – is the favorite sphere of Paata Natsvlishvili’s activities as an artist. He has designed Georgian calligraphic font "Samshoblo" and more than 70 stamps of Georgia, including  the first postage stamp of restored Georgian Republic in 1993.

 

Paata Natsvlishvili is the author of numerous books, among them three collections of poetry: "The Beginning of Love" (1986), "The Continuation of Love" (1983), "The End of Love" (2001).

 

His biography is included in the book "Who's Who in Georgia" and the encyclopedia "Tbilisi".

Except his native Georgian, he speaks English and Russian.

 

Poèmes :

1.

***

 

Je pensais que vous me preniez pour un fou,
Je pensais que je vous plaisais de loin,
Je pensais que la peur de l'avenir s’était envolée
En vérité, elle venait d’arriver.

Vous pensiez que je vous considérais comme une étrangère,
Vous pensiez que je ne vous avais pas du tout remarqué,
Vous pensiez que mes yeux, rayés par l’ombre de vos cheveux,

Pouvaient être guéris en à peine une heure.

Je pensais que vous m'aviez dit quelque chose,
En vérité ce n’était qu’une hallucination de l’ouïe,
La nuit a pris le vent dans ses bras

Et a déraciné plusieurs arbres.

Vous pensiez que je dirais quelque chose,
Vous pensiez que je faisais attention à vos dires,
Vous pensiez qu’on allait me crucifier

Avec les clous vivants de vos paroles.




Nous pensions que nous prendrions place derrière le rideau
Et allions recommencer tout à zéro,
Nous pensions que la peur nous avait quitté imperceptiblement,

Bien au contraire, elle s’était doucement insinuée en nous…

Paata Natsvlishvili

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

2.

MORT

J’ai mis longtemps à mourir...
Terrible est la mort lente -
Je suis mort lentement !

Je continue à arpenter l'asphalte poussiéreux,
On me salue comme toujours,
Moi aussi je salue,
J’avance lentement
Dans la rue lassée du bruit
Et les platanes bruissent autour de moi.


Que personne aujourd’hui ne s'étonne.
Je suis déjà mort,
Quoique que, comme autrefois,

Je longe les rangées d’arbres.


Comme avant, je prends le bus,
J’achète mon billet
Et sors par la porte avant ou arrière ...
Je joue encore
Au sage ou au fou.

Cependant, je suis mort,
J’ai mis longtemps à mourir,
Oui, en toi je suis mort !

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

3.

Arthur Rimbaud

Je suis plein de gratitude envers la force céleste, qui m’a permis de regagner Marseille, ,
Au-dessus de ma tête se tient une femme aux mains tremblantes qui me tend un verre d’eau.

Je ne me souviens que de mon Sahara, de mon Afrique et de mon Inde.
On m’a soigné, j’ai été guéri et je ne suis plus poète.



Je me souviens juste du Sahara, je ne me souviens plus de rien d’autre,
Même si maintenant je me rappelle quelque chose, je ne peux rien dire à personne.

Je m'attendais à une sorte de miracle et ne pouvais pas voir les limites de cette attente,
Il s'avère que j'ai été jadis poète, mais je ne me souviens ni quand ni comment.

Il y avait Baudelaire, il y avait Verlaine, il y avait Laforgue et il y en avait d'autres encore,
Peut-être est-il vrai qu’en ce temps moi aussi j’écrivais des poèmes et même j’étais le prince des poètes.

Dans ma mémoire ne subsiste que le désert et la ligne des crêtes paille,
J'étais commerçant et j'ai perdu une jambe quelque part.

Quelqu'un me lit doucement mes poèmes, mais aucun d'entre eux n’atteint mon esprit.
Maintenant, je ne peux plus rien me rappeler, mes souvenirs sont si vagues.

De proches parents sont assis autour de mon lit, muets comme les yeux d’un poisson,
On me dit que mes poèmes ont été publiés, ah si seulement je pouvais savoir combien de francs il m’en revient.

Grâce à Dieu, je n'ai besoin ni des pleurs ni des cris de la  foule, ni de tout autre vanité,
Grâce à Dieu, je me suis amendé, je ne suis plus poète !

 

Paata Natsvlisvili

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

4.

JOUR DE PLUIE

Les arbres se sont pliés, peut-être
Ont-ils aussi du mal à monter la pente.
Le vent dans la rue, tel un fouet,  
Frappe la pluie, et l’asphalte a mal à ses côtes.

La tristesse lourde se couche sur mes épaules,
Et je cherche quelque havre de paix,
Les gouttes de pluie, pareilles à des passereaux,
Sautillent sur les toits de ma ville.

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

5.

À LA DEMANDE D’UN AMI

Dans ta maison, là où finit la rue
Et commence l’attente de la nuit, 
Je ne peux apporter qu’une poignée d’espoir -  
Peut-être cette nuit changerait-elle le cours des choses…


On dirait que le passé m’a abandonné,
Moi-même j’ignore ce qui se passe à présent,
Le vent emporte quelque part une vieille affiche,
Telle la voile d’un bateau mort.

Je ne vois pas la fin de cette attente,
Déjà, je ne peux regarder l'obscurité
Qui emplit ta maison, là où finit la rue
Et commence la nuit sans espoir.

 

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

6.

ESSENCE

Tu n’es pas !
Et tu ne peux être.
Tu es si vertueuse, si pure.
Tu ne sais sans doute pas
Qu’hier, je n’ai pas pu dormir
Et que toute la nuit, il a plu des cordes.

J’ai fini toute recherche,
Je n’ai maintenant qu’une seule route,
Route qui va de toi à toi…
Tu ne changes pas,
Je regarde tes photos
Comme des fresques splendides .

Tu es la lumière !
Ta lumière luit en moi
Et dans ce flot de lumière, je ne vois rien !
Mais cette lumière, je l’ai perdue,
Les souvenirs portent

Le corps de l’espoir au cimetière.

J'ai changé.
À présent je ne veux plus rien,
Juste les vers de ce poème...
Tu n’es pas !
Tu ne peux avoir vécu un jour,
Tu es si vertueuse, si pure.

 

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

7.

MON ODYSSÉE

Introduction

Si tu es fidèle comme
Penelope,
Je reviendrai dans vingt ans.


Maintenant, je dois te quitter,
Je ne peux pas rester les bras croisés
Par les temps qui courent.
Je dois conquérir mille Illions et,
Victorieux,
Revenir !

Je traverserai mille épreuves,
Cyclope et Circé resteront loin derrière moi.
Un bon roi
M’offrira un bateau
Et j’accosterai

Au rivage natal.

Si tu es fidèle comme
Penelope,
Je reviendra dans vingt ans.

 

Paata Ntsvlishvili

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy

 

 

Traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy