ATHANASE VANTCHEV DE THRACY PDF Imprimer Envoyer



ATHANASE VANTCHEV DE THRACY

son site : http://www.athanase.org

 



Le poète à 60 ans - château de Chamarandes


Athanase Vantchev de Thracy est sans doute l’un des plus grands poètes contemporains français. Né le 3 janvier 1940 à Haskovo en Bulgarie, cet homme d’immense culture, parlant plusieurs langues, poursuit, pendant plus de dix-sept ans, des études supérieures dans les universités les plus prestigieuses d’Europe où il fait la connaissance approfondie de la poésie mondiale.
Athanase Vantchev de Thracy est l’auteur de 28 recueils de poésies (en vers classiques et en vers libres) couvrant presque tous les spectres de la prosodie : épopées, odes, sonnets, bucoliques, idylles, pastorales, motets, ballades, élégies, rondeaux, épodes, satires, hymnes, thrènes, lais, épigrammes, épitaphes, virelais, etc. Il publie une série de monographies et une thèse de doctorat sur « La symbolique de la lumière dans la poésie de Paul Verlaine ». Il rédige, en bulgare, une étude sur le grand seigneur épicurien Pétrone surnommé Petronius Arbiter elegantiarum, favori de Néron, auteur du Satiricon, et une maîtrise, en langue russe, intitulée « Poétique et métaphysique dans l’œuvre de Dostoïevski ».
Grand connaisseur de l’Antiquité, Athanase Vantchev de Thracy consacre de nombreux articles à la poésie grecque et latine. Lors de son séjour de deux ans en Tunisie, il publie successivement trois ouvrages sur les deux cités puniques tunisiennes : « Monastir-Ruspina – la face de la clarté », « El-Djem-Thysdrus – la fiancée de l’azur », « Les mosaïques thysdriennes ».
Pendant ses séjours en Syrie, en Turquie, au Liban, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Irak, en Egypte, au Maroc, en Tunisie, en Mauritanie, au Tadjikistan il fait la connaissance émerveillée de l’islam, et passe de longues années à étudier l’histoire sacrée de l’Orient. De cette période date sa remarquable adaptation en français de l’ouvrage historique de Moustapha Tlass « Zénobie, reine de Palmyre ».
Il consacre entièrement ses deux années passées en Russie (1993-1994) à l’étude de la poésie russe. Traducteur d’une pléiade de poètes, Athanase Vantchev de Thracy est distingué par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux dont le Grand Prix Internationale de Poésie Solenzara. Il est lauréat de l’Académie française, membre de l’Académie européenne des Sciences, des Arts et des Lettres, Docteur honoris causa de l’Université de Veliko Tarnovo, Bulgarie, lauréat du Ministère des Affaires étrangères français, membre du P.E.N Club français, membre de la Société des Gens de Lettres de France, membre de la Maison des écrivains et de la littérature de France.
Ses poésies sont traduites dans plusieurs langues.





Athanase Vantchev de Thracy au château des Lettiers

 

Tu allumes la lumière

« My God, what is a heart? »



George Herbert (1593-1633),



Tu entres, allumes la lumière, souris !
Le chant fragile de la nuit printanière pénètre,
Plein de pivoines et de pervenches, dans la maison.



Pourquoi es-tu si inspirée ? Pourquoi, si légère,
Ta robe fleurie flotte-t-elle sur le velours du silence
Avec la délicate volupté d’un songe tissé de félicité ?



Rêves-tu à des parfums captieux
Qui embaument tes mouvements
Et font frémir le temps dans les rideaux
Comme des feuilles de vieux peupliers?



T’affermes-tu à l’odeur fastueuse des cassis,
Au chuchotement craintif des cerisiers ?



Ô, Tendre, comme j’aime cette joie
Ondulant autour de ton corps,
Pareille à la brise azuréenne
Qui court, dehors, dans les pins !



Viens, apprends-moi
L’art de la connivence avec la haute lumière,
L’amoureuse grammaire des chaudes graminées,
Le sens des foudroiements des étoiles sur le cœur.



Je suis si fatigué !
Alors que mon âme voudrait tant parler
La langue vierge des prairies
Et connaître le sens caché
Des tablettes de buis d’Apronenia Avitia !



Explique-moi par quel art tacite
L’amour déplace sans cesse ses frontières
Pendant que, abandonné à la molle indolence,
J’écoute les variations flûtées des merles !



Dis-moi, âme aimée,
What is a heart ?



A Paris, ce dimanche 6 février, Anno Christi 2005



Glose:



George Herbert (1593-1633) : Poète anglais. Frère de lord Edward Herbert of Cherbury, il fut élevé par sa mère, Magdalen, l’inspiratrice du grand poète et prédicateur John Donne (1573-1631). Disciple de Donne en poésie, il consacra sa vie au sacerdoce et son œuvre à l’illustration de la foi chrétienne ; on le surnomma « le saint de l’école métaphysique anglaise ». L’œuvre d’Herbert abonde en recherches formelles pouvant aller jusqu’aux calligrammes : dans l’un des poèmes du Temple (1633) intitulé L’Autel, les vers sont disposés en forme d’autel. Son sens de la complexité formelle  trouve un écho immédiat dans l’œuvre de Richard Crashaw (1612-1642) et, par-delà son époque, dans celle de Hopkins (1844-1889).

Les tablettes de Buis d’Apronenia Avitia : notes fugitives d’une grande patricienne romaine, Apronenia Avitia, au moment où Rome croule sous les coups des Barbares.




Athanase Vantchev de Thracy à Gandia (Espagne) devant le palais des Borgia


You Turn On The lLght


“My God, what is a heart?”


George Herbert (1593-1633)



You come in, turn on the light and smile!
I hear the fragile song of the spring night outside,
full of peonies and periwinkles.



What makes you so inspired? Why, does your
light flowered dress float on the velvet silence
delicate and erotic as a dream woven of bliss?



Do you imagine captious perfumes
that would scent your every movement
and make time tremble in the curtains
like the leaves of old poplar trees?



Do you desire to bind yourself
to the luxurious odour of blackcurrants,
to the timid whispering of cherry trees?



O my Tender Friend, how I love this waves
of joy that surround your body,
like the Azurean breeze outside
that rushes through the pines!



Come, teach me
the art of complicity with the light of life,
the loving grammar of warm grasses,
and why the stars strike the heart with lightning.



I’m so tired!
Though my soul would so love to speak
the virgin language of the meadows
and know the hidden meaning
of the wooden tablets of Apronenia Avitia!



Explain to me by what tacit art
Love ceaselessly moves its borders
While I, abandoned to soft idleness,
Listen to the blackbirds’ fluted variations!


Tell me, dear soul,
What is a heart?

traduit en anglais par Norton Hodges

PRIX FRANCOIS COPPEE


Athanase Vantchev de Thracy - docteur honoris causa de l'Universite "Saint Cyrille et saint Méthode" - Veliko Tarnovo - Bulgarie



Athanase Vantchev de Thracy à 35 ans

 

 

DEUX FUGACES PERMANENCES DU CŒUR

A Ibrahim Kounanbaiev Abaï

« Pourquoi cacher ces lois profondes ?

Rien n’est muré. »

Victor Hugo

I.

 

Chose, je dis ton nom

Et tu commences à vibrer,

Je te donne ma voix

Et aussitôt tu deviens musique.

 

Chose, je te caresse de mon regard

Et, tremblant de vie,

Tu sors de ton obscur anonymat !

 

Tu viens d’une autre brume

Et me parle en ton autre langage,

Chose !

 

Ô universelle écriture de la tendresse !

Ô amour de Dieu,

Unique, réelle avancée

Dans les hauts mystères du monde !

 

II.

 

Cette petite violette

Sur le sentier détrempé

Qui s’ouvre sous mes yeux,

Ignorant sa propre existence et la mienne,

Touchée par mon amour,

Sourit et se met à danser,

La joie, rênes longues,

Pour faire plaisir à l’air, à la terre,

Au soleil,

A mon âme !

 

Elle, si frêle, si gracieuse

Dans la main chaude de Dieu

Qui chérit sa joie

Plus que tout au monde !

 

Ô Archipel lilial des âmes sans tache !

Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, le 24 février 2010

Glose :

Ibrahim Kounanbaiev Abaï (1845-1904) : poète et aksakal (sage aux cheveux blancs) kazakh.  Abaï naquit dans une famille riche et célèbre du Kazakhstan. Son arrière-grand-père Irgizbaï était juge et héros de la tribu Tobykty, venue du Turkestan. Son grand-père Ouskenbaï et son père Kounanbaï jouissaient également d’une grande influence dans le pays comme juge et sultan. Sa mère Ouljane provenait aussi d’une famille du district de Karkaraly et avait pour oncles des humoristes très populaires dans la steppe. Il apprit l’arabe, le persan et le turc, et devint un expert de l’Islam. Sa carrière poétique commença très tôt. La perte en mai 1904 d’un fils aimé, Magaouya, hâta la mort du poète qui s’éteignit quarante jous plus tard, retiré de la vie publique. Il est considéré comme le père de la littérature kazakhe.

 

ENGLISH :

 

In Impermanence The Heart Persists

To Ibrahim Kounanbaiev Abaï

 

‘ Why conceal the deepest laws of life?

They have no walls around them.’

Victor Hugo

 

1.

 

Mute matter, I speak your name

And you begin to vibrate,

I lend you my voice

And there and then you become music.

 

Mute matter, I caress you with my eyes

And, trembling with life,

You emerge from your dark anonymity!

 

The mist you appear from is an alien mist

And you speak to me in an alien tongue,

Matter!

 

This is how universal tenderness is written on the world!

O love of God,

Sole path through reality

Into the world’s greatest mysteries!

 

2.

 

This tiny violet

On the rain-soaked path

Which opens beneath my gaze,

Unconscious of its own existence and of mine,

Touched through and through by my love,

Smiles and begins to dance,

Such joy, like a child free on the longest reins,

So as to give pleasure to the air, to the earth,

To the sun,

To my soul!

 

That violet, so fragile, so graceful

Held in the warm hand of God

Who cherishes its joy

More than anything in the world!

 

O the stainless souls who dwell

On that lily white Archipelago!

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

 

ESPAGNOL :

 

DOS FUGACES PERMANENCIAS DEL CORAZÓN

A Ibrahim Kounanbaiev Abaï

" ¿ Por qué esconder esas leyes profundas?
Nada está amurallado. "

Victor Hugo

I.

Cosa, digo tu nombre
y comienzas a vibrar,
te doy mi voz
y enseguida te vuelves música.

¡ Cosa, te acaricio con mi mirada
y, tiritando de vida,
sales de tu anonimato oscuro!

¡ Vienes de otra bruma
y me habla tu otro lenguaje,
Cosa!

¡ Oh universal escritura de la ternura!
¡ Oh amor de Dios,
único, real y efectivo
en los altos misterios del mundo!

II.

¡ Esta pequeña violeta
sobre la senda remojada
que se abre bajo mis ojos,
ignorando su propia existencia y la mía,
tocada por mi amor,
sonríe y comienza a bailar,
La alegría, riendas sueltas,
para dar el placer al aire, a la tierra,
al sol, a mi alma!

¡ Ella, tan endeble, tan graciosa
en la mano caliente de Dios
que ama su alegría
más que todo en el mundo!

¡ Oh Archipiélago de azucena de las almas intachables!


En París, 24 de febrero de 2010

Glosa:

Ibrahim Kounanbaiev Abaï (1845-1904): poeta y aksakal (sabio de edad) kazakh. Abaï nació en una familia rica y célebre de Kazajstán. Su bisabuelo Irgizbaï era juez y héroe de la tribu Tobykty, venida de Turkestán. Su abuelo Ouskenbaï y su padre Kounanbaï también gozaban de una gran influencia en el país como juez y sultán. Su madre Ouljane provenía también de una familia del distrito de Karkaraly, tenía por tíos a los humoristas mas populares en la estepa. Aprendió árabe, persa y turco, y se hizo un experto del Islam. Su carrera poética comenzó muy temprano. La pérdida en mayo de 1904 de su amado hijo , Magaouya, adelantó la muerte del poeta que se apagó cuarenta días más tarde, retirándose de la vida pública. Está considerado como el padre de la literatura kazakhe.

 

 

 

 

Prix de l'Académie française décerné à M. Athanase VANTCHEV de THRACY, pour ses recueils de poésie "D’Antiques voix suaves" et "Soudain un séraphique frisson."

 

  

Eric Baschet de l'Illustration, Athanase et Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire perpétuelle de l'Académie française, lors de la remise du prix.




Remise du Grand Prix International Solenzara de Poésie à Athanase Vantchev de Thracy à l'hôtel Crillon - Paris

(au premier plan Athanase Vantchev de Thracy et Madame Martine Franch)

Mise à jour le Lundi, 01 Mars 2010 13:30